Un nouvel élan dans la lutte contre la pauvreté : le Conseil pour les questions de pauvreté se met au travail

Le point de vue des personnes qui sont directement touchées par la pauvreté, ou qui l’étaient, est souvent peu entendu dans les débats publics au sujet de la pauvreté, ainsi que dans l’élaboration de la prévention et de la lutte contre la pauvreté. Ces personnes sont de ce fait exclues des discussions et des processus de décision qui les concernent directement.

Constitué en mars 2026, le Conseil pour les questions de pauvreté est une nouvelle commission visant à impliquer des personnes ayant elles-mêmes l’expérience de la pauvreté et à représenter leurs intérêts. Le Conseil a pour mission la participation politique de ces personnes et de donner des impulsions novatrices dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la pauvreté.

Un projet largement soutenu suscite un vif intérêt

Des personnes ayant l’expérience de la pauvreté et les organisations qui les soutiennent ont réclamé à plusieurs reprises une meilleure représentation de leurs intérêts. Jusque-là, les projets de participation en Suisse étaient plutôt menés de manière ponctuelle au niveau local. La prise en compte de l’expérience de personnes concernées dans l’élaboration et la mise en œuvre de mesures de prévention et de lutte contre la pauvreté profite aussi aux autorités politiques et administratives en leur permettant d’adopter des mesures davantage axées sur les besoins des personnes touchées, qui sont de ce fait plus efficaces (étude : Modèles de participation, en allemand, avec avant-propos en français).

Dans la cadre d’un processus de la Plateforme nationale contre la pauvreté, mené sur plusieurs années, plus de 50 personnes ont œuvré pour établir les bases d’une structure de participation durable à l’échelle nationale. Il s’agit de personnes ayant l’expérience de la pauvreté, de professionnels et de chercheurs provenant de toute la Suisse. Un projet de Conseil pour les questions de pauvreté (projet du Conseil) en a résulté, et le Conseil fédéral a pris connaissance de cette proposition en décembre 2024. Il a qualifié la participation des personnes concernées comme l’un des quatre éléments centraux pour améliorer la politique de lutte contre la pauvreté, en parallèle au monitoring de la pauvreté, à la stratégie de lutte contre la pauvreté et à la Plateforme contre la pauvreté (concept du Conseil fédéral).

En automne 2025, le fonctionnement et l’organisation du Conseil ont été concrétisés et le processus de recrutement a été lancé. Par la suite, plus de 80 personnes ont déposé leur candidature pour les 18 sièges du Conseil. Les candidatures ont été étudiées et sélectionnées par un organe indépendant. Cet engouement souligne l’importance du Conseil et la volonté qui existe de s’engager pour atteindre ses objectifs.

Objectifs du Conseil

Le Conseil fonctionne comme un organe central pour les questions relevant de la politique de lutte contre la pauvreté et apporte l’expertise de personnes ayant l’expérience de la pauvreté dans les discussions et les décisions politiques.  

  1. Les décideurs de la politique, de l’administration et de la société civile consultent le Conseil sur des questions relatives à la prévention et à la lutte contre la pauvreté.
  2. Le Conseil soumet aux décideurs des propositions pour améliorer la prévention et la lutte contre la pauvreté.
  3. Le Conseil participe aux prises de décisions politiques et exerce une influence sur celles-ci.
  4. Le Conseil favorise les échanges entre les personnes ayant l’expérience de la pauvreté et d’autres acteurs (représentants de la politique, membres de l’administration, responsables d’institutions, professionnels, etc.).
  5. Le Conseil sensibilise et mobilise le public afin de changer les attitudes et de réduire les préjugés face à la pauvreté.

Financé par des fonds privés, le Conseil poursuit ses objectifs de manière autonome.

Une expertise conjointe, une composition diversifiée

Le Conseil allie l’expertise par le vécu aux connaissances spécialisées : il est constitué de douze personnes ayant l’expérience de la pauvreté disposant d’une voix délibérative, ainsi que de six professionnels présents à titre consultatif. Cette composition mixte devrait favoriser la compréhension mutuelle et la compatibilité des prises de position. Les membres représentant le Conseil proviennent de 12 cantons et leurs différents parcours de vie reflètent la diversité des réalités et des expertises liées à la pauvreté en Suisse.

De plus, le Conseil fera appel à un réseau de personnes ayant l’expérience de la pauvreté, ainsi qu’à des professionnels et à des organisations. Ces groupes soutiendront le Conseil par leur expertise et leur réseau et se rencontreront dans ce but chaque année lors de réunions d’échange. Les personnes intéressées à renforcer leur collaboration avec le Conseil et à le soutenir par leur expertise, leur réseau ou leurs fonds, seront invitées à s’engager au sein du réseau.  

Premiers travaux

En avril 2026, le Conseil s'est réuni pour la première fois et a débuté ses activités dans le cadre d'une phase pilote prévue jusqu’en 2028. Durant la phase de mise en place, il sera encore soutenu par la Plateforme nationale contre la pauvreté. Dans un premier temps, le Conseil définira en particulier son mode de fonctionnement et ses priorités.

La première tâche concrète du Conseil sera d’intégrer les perspectives des personnes ayant l’expérience de la pauvreté dans l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté (stratégie de lutte contre la pauvreté). Le Conseil décidera ces prochains mois, en concertation avec son réseau, des prochaines priorités et les communiquera.

Auteurs invités

Linus Petermann, OFAS
Mirjam Zbinden, OFAS
Plateforme nationale contre la pauvreté

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La Plateforme nationale contre la pauvreté

La Plateforme nationale contre la pauvreté favorise les échanges, la mise en réseau et l’apprentissage collectif. Elle met à disposition des connaissances pratiques sur divers thèmes prioritaires et stimule l’innovation dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la pauvreté.

Elle bénéficie du soutien de la Confédération, des cantons, des villes et des communes, ainsi que d’organisations de la société civile.