Berne, 29 mai 2026 | Communiqué de presse

La CDAS augmente de 50 francs le forfait pour l’entretien pour les enfants à l’aide sociale, atténuant ainsi la pauvreté des familles

Filzbach (GL), 29 mai 2026 – Dans le cadre de leur assemblée annuelle, les directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) ont décidé de soutenir de manière ciblée le développement des enfants touchés par la pauvreté. Le forfait pour l’entretien de l’aide sociale sera ainsi augmenté de 50 francs. Par ailleurs, les membres de la CDAS réunis à Filzbach (GL) ont abordé avec la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider la question du bien-être psychique des adolescents et jeunes adultes. Ils ont conclu la journée par un échange animé sur le thème de l’asile avec le conseiller fédéral Beat Jans.

Lors de sa séance du 29 mai 2026, la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a débattu de la mise en œuvre de l’introduction d’un supplément par enfant dans les normes CSIAS. Cette mesure vise à améliorer durablement la situation des enfants et des jeunes au bénéfice de l’aide sociale et à renforcer leurs chances de développement.

En mai 2025 déjà, la CDAS avait pris la décision de principe de soutenir de manière ciblée les enfants touchés par la pauvreté. Des moyens supplémentaires à hauteur de 50 millions de francs ont été prévus à cet effet. En introduisant maintenant concrètement ce supplément de 50 francs par enfant et par mois, les cantons souhaitent envoyer un signal fort contre la pauvreté infantile et améliorer à long terme les chances des enfants et des jeunes ainsi que leur participation à la société.

Stratégie en matière d’asile 2027 : l’avenir du statut de protection S est un sujet central

La CDAS a également échangé avec le conseiller fédéral Beat Jans à propos des travaux menés dans le cadre de la stratégie en matière d’asile 2027. Cette stratégie a été adoptée conjointement par la Confédération, les cantons, les villes et les communes en novembre 2025. Elle vise à améliorer la gestion du domaine de l’asile, notamment lors des périodes de forte affluence, et à renforcer la collaboration entre les différents niveaux étatiques. La question des transferts de charges de la Confédération vers les cantons a été particulièrement débattue, notamment en raison du programme d’allégement budgétaire 27, qui prévoit une réduction du forfait global. De plus, une nouvelle réglementation des compétences dans le domaine de l’asile pourrait elle aussi entraîner des transferts de charges entre la Confédération, les cantons et les communes. Les cantons ont souligné que toute charge supplémentaire devrait être compensée de manière adéquate. Les deux niveaux étatiques partagent le même avis : la stratégie en matière d’asile ne doit entraîner aucun transfert de charges.

L’avenir du statut de protection S reste également un sujet central. Les cantons continuent d’y voir d’importantes difficultés en matière de ressources humaines et financières, notamment par rapport aux coûts à long terme de l’aide sociale. La CDAS s’était prononcée en faveur d’une modification rapide de l’ordonnance 2 sur l’asile, qui accorderait aux cantons une plus grande marge de manœuvre en ce qui concerne les contributions de l’aide sociale aux personnes à protéger en provenance d’Ukraine. Elle demande donc au Conseil fédéral de modifier l’ordonnance en conséquence d’ici fin août 2026 ou du moins de s’engager fermement à ce que cette modification entre en vigueur au plus tard le 1er mars 2027. Le conseiller fédéral Jans a fait preuve de compréhension pour cette revendication et informé les conseillères et conseillers d’État présents que la question était déjà à l’étude.

Au cours de la discussion au sein du Comité, il a par ailleurs été souligné que l’objectif à long terme devait être d’intégrer sur le marché du travail les personnes en quête de protection en âge de travailler. Cela permettrait à ces dernières de pouvoir déposer une demande pour cas de rigueur afin d’obtenir un statut de séjour régulier B (qui n’est plus lié au statut de protection).

Dialogue national sur la politique sociale : les lacunes dans la prise en charge des jeunes souffrant de troubles psychiques doivent être identifiées

Dans le cadre du Dialogue national sur la politique sociale, la CDAS et la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider se sont accordées sur la nécessité de mieux protéger les mineurs dans le monde numérique contre la violence, l’exploitation sexuelle et les contenus préjudiciables. La protection des enfants et des adolescents est encore insuffisante dans ce domaine. Un autre champ d’action concerne l’offre d’intervention pour les jeunes souffrant de maladies psychiques : la CDAS a informé la cheffe du DFI de l’avancement du projet de prise en charge des adolescents présentant des troubles psychiques. L’objectif de ce projet est d’identifier les éventuelles lacunes de prise en charge et de mettre en lumière les possibilités d’amélioration dans le domaine de la santé psychique et de la protection de l’enfance.

Démarrage réussi pour le nouveau numéro 142 pour l’aide aux victimes

Depuis le 1er mai 2026, l’aide aux victimes est joignable 24 heures sur 24 dans toute la Suisse au numéro à trois chiffres 142. Dans le cadre du Dialogue national sur la politique sociale, la Confédération et les cantons se sont félicités du lancement réussi de ce nouveau numéro court national.

Avec l’introduction du 142, les cantons mettent en œuvre une exigence centrale de la Convention d’Istanbul : les personnes victimes de violence doivent pouvoir obtenir de l’aide de manière simple et rapide. À partir de juin 2026, la campagne nationale de prévention de la violence domestique, sexuelle et de genre fera en outre la promotion du nouveau numéro de l’aide aux victimes dans toute la Suisse.